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La croisière jaune : 1931-1932

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Affiche de la croisière jaune
Dès 1928, Georges Marie Haardt rêve d'ouvrir à la circulation automobile le légendaire couloir au long duquel s'effectuaient les échanges commerciaux entre la Chine, la Perse, l'Arabie et l'Europe, appelé "Route de la Soie". André Citroën, enthousiaste, décide de financer le projet qui, vu son envergure, va demander plusieurs années de préparation et de reconnaissances.
Imaginez ! 30 000 kilomètres pour relier Beyrouth à Pékin, en passant par le Turkestan russe, le Sinkiang, le désert de Gobie jusqu'au fleuve Jaune. Au fil du temps, des incertitudes politiques d'abord en URSS puis en Afghanistan entraînent les responsables de l'expédition, Haardt, Audouin et Point à modifier l'itinéraire et les obligent à traverser le Cachemire (5000 mètres d'altitude).

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Le Col de Bourzil
De là aussi, l'idée de scinder l'expédition en deux groupes pour lui donner plus de chances de réussir : l'un partira de Beyrouth pour tenter l'ascension de l'Himalaya (groupe Pamir) et l'autre, parti de Tien Tsin, viendra à sa rencontre (groupe Chine). Après bien des vicissitudes et des tracasseries politiques mais aussi des grands moments d'émotigroupee goupe Pamir, fort de 24 personnes et équipé de 6 Citroën Kegresse P17, spécialement adaptées pour les grands froids parvient à Aksou le 8 octobre 1931. Le groupe Chine, auquel s'est joint le père Teilhard de Chardin, l'y attend depuis quelques jours.
Ses membres ont eux aussi vécu bien des aventures dans un pays en proie aux dissensions, jusqu'à être retenus en otage par un Seigneur de la Guerre pendant 3 mois ! Les deux groupes reprennent ensemble la route de Pékin où ils arrivent le 12 février 1932. Le quartier diplomatique leur fait un accueil grandiose. Hélas, Haardt ne reverra jamais la France : épuisé, il attrape la grippe et meurt à Hong-Kong le 15 mars 1932. Mais sa légende vit encore !
Anecdote

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Autochenille
Peu après leur départ de Tien Tsin, les bandes de roulement des autochenilles du groupe cassent les unes après les autres. Il faut trois journées et le remplacement de quatorze bandes, soit tout le stock de réserve, pour atteindre Nankeou.
Rapidement, le chef-mécanicien, Maurice Penaud diagnostique : rupture des bandes due à une surtension dans les dévers. Une modification des poulies est effectuée et l'expédition repart. Un télégramme est envoyé à André Citroën pour qu'il fasse expédier de nouvelles bandes. Le 24 avril, le groupe est à Kalgan et reçoit le message suivant : "Fais envoyer ce jour Kalgan trente bandes neuves via transsibérien avec convoyeur Berger. Signé : André Citroën".
Ce n'est que le 11 mai dans la soirée qu'une ombre descend d'un pousse-pousse et s'approche des tentes du campement. C'est Berger, le convoyeur des bandes de rechange. Après 14 journées passées dans le Transsibérien, il a enfin rejoint les membres de l'expédition, avec ses 30 caisses de 2 mètres, toutes enregistrées comme "bagage personnel" ! A chaque changement de train, c'était pour lui l'angoisse ! Le saviez-vous ?

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Le désert de Gobi
Comment le ravitaillement de l'expédition en Chine a été préparé ? Il n'aura pas fallu moins de 11 caravanes totalisant 622 chameaux pour transporter les 50 tonnes de marchandises diverses (carburant, nourriture, pièces détachées, etc) jusque dans les régions les plus reculées de l'Asie centrale !
Le retour vers Pékin a été grandement entravé par le froid ? Il faut laisser tourner les moteurs toute la nuit pour les empêcher de geler. Tout travail sur les voitures est un supplice pour les mécaniciens, par -25, - 30°. Pourtant le 18 janvier 1932, ils ne pourront faire autrement que de retrousser leurs manches pour extirper l'autochenille d'Audouin-Dubreuil de l'eau. Elle roulait sur la surface glacée d'un canal d'irrigation, lorsque soudain la glace se brisa... Une nuit de travail sera nécessaire pour sortir le lourd véhicule de son inconfortable position, vidanger le moteur à l'aide d'une lampe à souder et enfin le sécher avec un grand feu !